Après l’incendie de notre maison, notre relogement après incendie devait être une solution temporaire. Nous pensions trouver un endroit où vivre le temps de pouvoir rentrer chez nous.
La réalité a été très différente.
Pendant presque deux ans, nous avons vécu dans plusieurs gîtes et sommes retournés à plusieurs reprises chez mes parents. Nous avons déménagé encore et encore, en fonction des logements disponibles et de la prise en charge de notre assurance.
Nous avions toujours une maison.
Mais nous n’avions plus vraiment de chez-nous.
Après l’incendie, l’hébergement d’urgence chez mes parents
Juste après l’incendie, il fallait trouver un endroit où dormir.
La mairie nous avait proposé un logement d’urgence. Nous avons finalement choisi d’aller chez mes parents.
Dans ces premières heures où tout venait de basculer, c’était la solution la plus simple. Nous étions dans un endroit connu, entourés de personnes proches de nous. Nous pouvions y poser les enfants et commencer à comprendre ce qui venait de nous arriver.
Nous pensions évidemment que cette situation serait provisoire.
À ce moment-là, nous n’avions aucune idée de la place que ce mot allait prendre dans notre vie.
Notre premier gîte après l’incendie
À la fin du mois d’août, nous avons trouvé notre premier gîte.
Je m’en souviens comme d’un endroit particulièrement accueillant. Après plusieurs semaines chez mes parents, nous retrouvions enfin un espace rien qu’à nous.
Nous avions de nouveau une cuisine, des chambres et un salon. Nous pouvions fermer la porte derrière nous et essayer de retrouver une vie familiale plus normale.
Nous avons posé nos affaires et commencé à prendre nos habitudes. Il fallait préparer la rentrée des enfants, faire les courses, les repas, les lessives et reprendre tout ce quotidien qui paraît tellement banal jusqu’au jour où on le perd.
Trois semaines plus tard, il fallait déjà repartir.
Le gîte n’était plus disponible.
Trouver un logement temporaire près de chez nous
Trouver un logement après notre incendie s’est révélé beaucoup plus compliqué que nous l’avions imaginé.
Nous habitons à proximité d’une station thermale. Beaucoup de gîtes et de locations sont donc réservés longtemps à l’avance par les curistes et les vacanciers.
Sur les annonces, des logements existaient. En réalité, très peu étaient disponibles pendant plusieurs mois consécutifs.
Un gîte pouvait être libre trois semaines, puis réservé. Un autre était disponible quatre semaines, mais pas pendant les vacances scolaires. Un troisième pouvait nous accueillir jusqu’à Noël.
Notre besoin de relogement ne correspondait tout simplement pas au calendrier des locations saisonnières.
Après trois semaines dans notre premier gîte, nous avons donc déménagé dans un deuxième.
Nous y sommes restés quatre semaines.
Puis les vacances de la Toussaint sont arrivées et il fallait, une nouvelle fois, partir.
Pourquoi nous n’avons pas loué une maison vide
Nous avons cherché une solution plus stable.
L’idéal aurait été une location meublée disponible pendant plusieurs mois. Cela nous aurait permis de nous installer et d’arrêter cette succession de déménagements.
Nous n’en avons pas trouvé.
Nous aurions également pu louer une maison vide. Mais cette solution posait un autre problème.
Après l’incendie, nous devions déjà racheter énormément de choses. Nous avions perdu nos lits, notre table, nos chaises et une grande partie de nos meubles.
Nous voulions progressivement racheter ce mobilier en pensant à notre future maison reconstruite.
Louer une maison vide aurait signifié acheter dans l’urgence des meubles adaptés à un logement temporaire. Une armoire aurait dû correspondre à une chambre qui n’était pas la nôtre. Une table ou un canapé auraient été choisis en fonction de pièces que nous allions quitter.
Nous risquions ensuite de rentrer chez nous avec du mobilier qui ne correspondrait pas à notre maison.
Nous voulions acheter une fois et choisir pour notre futur chez-nous.
Les gîtes meublés restaient donc la solution la plus logique. Ils étaient équipés et immédiatement habitables.
Encore fallait-il qu’ils soient disponibles.
Pendant les vacances, retour chez mes parents
Lorsque les vacances de la Toussaint sont arrivées, notre gîte était déjà réservé.
Nous devions partir.
Nous aurions pu prendre immédiatement une autre location, mais une nouvelle difficulté est apparue : le plafond mensuel de relogement prévu par notre assurance.
Une somme maximale nous était accordée chaque mois.
Lorsque nous restions tout le mois dans le même gîte, cela ne posait pas forcément de difficulté. En revanche, lorsque nous devions changer de logement en cours de mois, les frais des différentes locations pouvaient s’additionner.
Le montant pris en charge par l’assurance ne permettait pas toujours de couvrir l’intégralité des deux périodes de location.
Pendant certaines vacances scolaires, nous sommes donc retournés chez mes parents. Nous pouvions attendre qu’un nouveau gîte soit disponible sans devoir supporter nous-mêmes une partie importante du coût du relogement.
Notre organisation dépendait ainsi des disponibilités des gîtes, des réservations déjà enregistrées et du plafond prévu par notre assurance.
Nous ne choisissions pas vraiment notre calendrier.
Nous faisions avec.
Un nouveau gîte jusqu’à Noël
Après les vacances de la Toussaint, nous sommes repartis dans un autre gîte.
Nous avions de nouvelles clés et un nouvel endroit dans lequel essayer de nous installer.
À ce stade, notre façon de vivre avait déjà changé.
Nous savions que ce logement n’était pas chez nous et surtout qu’il faudrait bientôt le quitter. Nous sortions donc ce dont nous avions besoin, mais nous ne nous installions jamais complètement.
Noël s’est rapproché et le gîte était, lui aussi, déjà réservé.
Il a fallu recommencer.
Nous avons rassemblé les affaires des enfants, les vêtements, les ordinateurs, les papiers et tout ce que nous avions racheté depuis l’incendie.
Puis nous sommes retournés chez mes parents.
Encore une fois.
Mes parents, notre point fixe pendant le relogement
Je ne sais pas ce que nous aurions fait sans eux.
Pendant cette succession de logements temporaires, mes parents sont devenus notre point fixe.
Lorsque nous n’avions plus de gîte, nous pouvions aller chez eux. Lorsque les vacances scolaires arrivaient et que les locations étaient déjà réservées, ils nous accueillaient.
Ils étaient également là lorsque le fonctionnement de la prise en charge par l’assurance rendait compliqué le passage immédiat d’un gîte à un autre.
À l’âge adulte, retourner vivre chez ses parents avec son conjoint et ses enfants est une expérience particulière.
Nous avions construit notre vie et notre famille. Nous avions notre propre maison.
Pourtant, nous revenions régulièrement avec nos affaires parce que, pendant quelques semaines, nous n’avions plus d’autre endroit où vivre.
Puis un nouveau gîte se libérait.
Et nous repartions
Une vie entière qui devait pouvoir déménager
Au fil des mois, nous sommes devenus de plus en plus efficaces.
Nous savions ce qu’il fallait sortir en premier et ce qui pouvait rester rangé. Certaines affaires devaient toujours rester facilement accessibles parce que nous savions qu’un nouveau départ arriverait.
Les enfants retrouvaient une chambre, puis une autre. Il fallait apprendre une nouvelle route pour l’école et retrouver un endroit pour poser les cartables.
À chaque fois, nous recréions un quotidien.
Nous ne changions pas de logement parce que nous cherchions quelque chose de mieux.
Nous changions parce que nous n’avions pas d’autre solution.
Notre maison était toujours là
C’est probablement la partie la plus étrange de cette histoire.
Pendant toute cette période, nous avions toujours une maison.
Nous pouvions y aller, ouvrir la porte et rencontrer les experts ou les artisans. Plus tard, nous avons pu parler des travaux, prendre des mesures et imaginer notre future reconstruction.
Nous passions énormément de temps à nous occuper d’une maison dans laquelle nous ne pouvions plus vivre.
Puis, après chaque rendez-vous, nous remontions dans la voiture pour rentrer « chez nous ».
Mais où était chez nous ?
Était-ce le gîte dans lequel nous dormions cette semaine-là ? Chez mes parents ? Ou cette maison incendiée qui était toujours la nôtre mais dans laquelle nous ne pouvions plus habiter ?
Pendant longtemps, nous avons eu plusieurs réponses.
Aucune n’était vraiment satisfaisante.
Les déménagements ont continué
Les mois ont passé et les logements temporaires se sont succédé.
Parfois, nous avons pu rester plus longtemps. À d’autres moments, une nouvelle période de seulement quelques semaines commençait avant le prochain déménagement.
Alors nous recommencions.
Il fallait vider le réfrigérateur et les placards, rassembler les affaires, vérifier les chambres et charger la voiture. Nous rendions une paire de clés avant d’en récupérer une nouvelle.
Quelques heures plus tard, nous remplissions un autre réfrigérateur et d’autres placards.
Avec le temps, cela devenait presque mécanique.
C’est peut-être l’une des choses qui me frappe le plus aujourd’hui.
On finit par s’habituer à quelque chose qui n’a rien de normal.
24 mois de relogement après notre incendie
Le 26 juin 2026 représentait une date importante.
Deux ans jour pour jour après notre incendie.
Notre contrat prévoyait une durée de relogement pouvant aller jusqu’à 24 mois.
Lorsque votre maison vient de brûler et que l’on vous parle de deux années de prise en charge, cela paraît immense.
Nous pensions forcément que nous serions rentrés avant.
Deux ans semblaient largement suffisants pour reconstruire une maison.
Mais entre l’incendie et le moment où l’on peut réellement rentrer chez soi, il n’y a pas seulement les travaux.
Il y a les expertises, les chiffrages, les discussions avec l’assurance, les démarches administratives, les devis et la recherche des entreprises.
Puis seulement vient la reconstruction.
Pendant ce temps, le calendrier continue d’avancer.
Le 26 juin 2026 est arrivé.
Les 24 mois étaient écoulés.
Notre période de relogement était terminée. Notre reconstruction, elle, ne l’était pas.
Plusieurs logements, mais toujours un seul chez-nous
Lorsque je repense à ces deux années, je pourrais raconter notre histoire en énumérant tous les logements dans lesquels nous avons vécu.
Mais ce ne sont finalement pas les différentes maisons dont je me souviens le plus.
Ce sont les départs.
Les sacs que l’on ressort, les placards que l’on vide et les clés que l’on rend. Cette impression de ne jamais pouvoir complètement poser nos affaires parce qu’une nouvelle date de départ était toujours inscrite quelque part sur un calendrier.
Pendant presque deux ans, nous avons eu des endroits où dormir.
Nous avons eu des chambres, des cuisines, des salons et des toits.
Nous avons surtout eu cette chance immense : chaque fois qu’un vide apparaissait entre deux logements, mes parents étaient là.
Notre maison, elle, n’avait jamais changé d’adresse.
Elle était toujours au même endroit.
Elle nous attendait.
Après un sinistre, on pourrait croire que le plus important est de retrouver rapidement un toit.
Bien sûr que c’est essentiel.
Mais après avoir vécu presque deux ans de cette manière, j’ai compris qu’avoir un toit et avoir un chez-soi sont deux choses très différentes.
Nous avons eu beaucoup de clés entre les mains et ouvert beaucoup de portes.
Pendant tout ce temps, nous attendions simplement de pouvoir en ouvrir à nouveau une seule.
La nôtre.
Vous cherchez des informations sur le relogement après un sinistre ?
Notre histoire est celle de notre famille, de notre contrat d’assurance et des solutions de logement que nous avons pu trouver.
Les conditions de prise en charge peuvent être différentes d’un contrat à l’autre.
J’ai donc regroupé dans un article séparé les informations pratiques à connaître : durée de prise en charge, montant, gîte, hôtel, location, justificatifs et questions à poser à son assureur.
👉 Relogement après un sinistre : quels sont vos droits et quelles solutions ?
